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Steeve

de "MusicFeelings"

Sa passion, son pouvoir

PROPOS RECUEILLIS PAR | AURIANE LEFFRAY

 Avec 32 millions de vues et 239 000 abonnés sur Youtube, Steeve fait partis des créateurs de contenus à ne pas louper ! Chaque semaine, il transmet sa passion pour la soul, le hip-hop et le R’n’B en faisant des critiques et décryptages. De sa vie professionnelle à personnelle, « Tonton Steevy » s’est confié à Edition Limitée.

Expliquez-nous votre passion et ce que vous faites sur les réseaux sociaux :

Je fais une vulgarisation musicale. Je reviens sur les carrières des artistes. J’essaye d’expliquer ce qui se passe derrière les coulisses de l’industrie, comment ça fonctionne, pourquoi ça ne fonctionne pas. Je repasse, de façon ludique, sur ce qui structure la carrière ou la musique que l’on écoute tous. 

Est-ce que vous vous définiriez comme un blogueur ? 

Peut-être…Je pense que je suis plus analyste, youtubeur que blogueur. 

Comment vous êtes venue l’idée d’être youtubeur ? 

Je vivais au Cameroun. J’étais très jeune, j’avais 13 ans. Je ne savais pas quoi faire de ma vie. Il y avait un café à côté de chez moi, j’y allais juste après les cours. Il diffusait de la musique et à chaque fois je me posais des questions sur chaque musique. De là, j’ai commencé à écrire sur SkyBlog, c’est comme ça que j’ai commencé un blog. Et ça s’est enchaîné par la suite. J’ai travaillé pour plusieurs structures musicales et après je me suis dis: « Pourquoi pas me lancer sur Youtube ? ». 

Sur vos réseaux sociaux, vous expliquez que cette passion vous permet de vous évader. Comment expliquez-vous cela ? 

Quand je parle de musique, c’est mon monde. C’est ma passion. Je pense que la musique ça permet à tout le monde de s’évader, de couper. La musique est un univers où il y a toujours des travers, des histoires passionnantes. Donc ça me permet de couper sur mon quotidien. 

Quel âge avez-vous quand vous aviez commencé vos vidéos ? 

J’avais 28 ans. C’était en 2019. Mais ma carrière dans la musique a commencé en 2012. Je travaillais pour plusieurs structures et des label comme SONY , Polydor. J’ai travaillé notamment avec plusieurs artistes en free-lance. Mais avant tout ça, j’ai fait des études de journalisme, qui n’ont rien à voir avec ce que je fais aujourd’hui. Je voulais avoir un diplôme malgré ma passion pour la musique. 

Vous auriez pu mélanger le journalisme et la musique…

J’ai écris des articles en rapport à la musique lorsque j’étais plus jeune. Mais c’était le milieu de la musique qui dérangeait. Mon père me trouvait complètement fou de parler de musique toute la journée. Il voulait que je fasse de l’économie, j’ai donc fait une licence d’économie. Et ensuite mes études de journalisme. J’ai trouvé un juste milieu entre la musique et mes études. 

J'ai toujours pensé que je n'étais pas fait pour ça...

En 2019, comment vous êtes-vous lancé ? 

D’une manière complètement surprenante pour moi. Ça faisait 10 ans que mes amis me disaient de créer une chaîne Youtube. Mais j’ai toujours pensé que je n’étais pas fait pour ça. Le hasard a fait qu’un ami m’a dit que ça serait sympa qu’on fasse un format vidéo pour parler de ces sujets. J’ai donc enregistré une vidéo comme ça, sans y croire. Et elle a obtenue une grande visibilité avec 30 000 ou 40 000 vues. J’ai été étonné. Et c’est à partir de ce moment-là que j’ai continué et enchaîné les vidéos. Aujourd’hui la chaîne est à 38 millions de vues. Ça me paraît dingue !

Quelle est la vidéo dont vous êtes le plus fier ? 

Je passe tellement de temps sur le montage que je ne regarde pas mes vidéos. Elles sont toutes particulières pour moi. Mais si je devais choisir, ça serait la vidéo sur Brandy. Elle n’est pas axée que sur elle, mais surtout sur le chant. La manière d’entendre la musique, les harmonies. C’est ma préférée. Lorsque je croise des artistes ou des chanteurs, ils me réfèrent toujours à cette vidéo. Ils l’aiment beaucoup. 

Quel est votre objectif à travers vos vidéos ?

Ça toujours été de partager ma passion. La musique ça permet de t’évader. Mais c’est surtout qu’il y a pleins de choses à apprendre derrière chaque chanson. J’avais envie de le partager. Aujourd’hui, je vois qu’il y a pleins d’autres youtubeurs qui reprennent certaines de mes mimiques, ils font un peu comme moi. Donc ça me fait plaisir, parce que ça veut dire que pleins de personnes se passionnent aussi pour ce que qui a été ma vocation pendant longtemps. 

Justement, est-ce que n’a pas été un risque de ne pas faire « comme tout le monde » ? 

Franchement oui. Mais pour vous raconter, un jour je faisais des vidéos en direct, sur Instagram. Elles duraient une éternité car je parlais avec les internautes et abonnés pendant des heures et des heures. On était très peu, peut-être 15. Ils adoraient ça mais certains disaient que le live a été trop long et qu’ils n’ont pas de résumé sur les sujets. Cette idée de résumé m’a donné donc l’envie de faire des vidéos Youtube. Même si très peu de personnes allaient regarder. Mais il n’y avait pas de risques pour moi car je le faisait sans prises de tête. Et je me serais jamais imaginé gagner autant d’abonnés.  

Sur Instagram, vous évoquez le harcèlement scolaire que vous avez subit en étant jeune. Est-ce que c’est important pour vous d’en parler ? 

J’essaye de ne pas aborder ce genre de sujets. Mais j’en parle aujourd’hui, car justement je me suis rendu compte qu’il y a beaucoup d’enfants qui passent par là. J’allais à l’école, je n’avais pas d’amis, j’avais deux classes d’avance donc c’était compliqué avec les autres élèves. La musique m’a beaucoup aidé pendant cette période. Quand je plongeais dedans , je m’évadais. En restant dans ma passion, ça m’a permis de rester dans quelque chose qui fait plaisir aux personnes qui m’écoutent. Donc le harcèlement scolaire c’est important d’en parler. Je veux leur dire que l’on peut s’en sortir et que très souvent les personnes, qui te harcèlent, sont des personnes qui elles-mêmes souffrent. 

De quoi êtes-vous le plus fier aujourd’hui ? 

C’est ma relation avec mon père. C’est un Président d’université, très didactique. Je n’étais pas comme lui. Ça été très difficile pendant un certain temps car ma passion pour la musique était inutile pour lui. On a eu beaucoup de disputes par rapport à ça. Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux. Il a finalement, sans comprendre pourquoi, accepté le fait que c’est comme ça que ça fonctionne pour moi. 

Pour l’anecdote, un jour, il était dans sa voiture. Il écoutait du Whitney Houston. Et il n’avait toujours pas regardé une de mes vidéos Youtube. Au bout de 3 chansons, un documentaire passe sur la chanteuse. Il entend une voix. C’était la mienne. Il s’est stoppé et a appeler des membres de ma famille pour me joindre. Quand il m’a eu, il m’a dit qu’il était fier de ce que je suis. Ça m’a touché parce qu’il a tellement eu peur pour mon avenir. Aujourd’hui, ce que je fais a un sens pour lui. C’est ce dont je suis le plus fier. 

Avez-vous d’autres projets en cours ? 

Oui, je vais inclure deux autres formats différents, sur mes vidéos. Et il y en a un, un peu plus secret, sur lequel je travaille seul et qui sortira sûrement en fin d’année.