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PAR | Patricia DRAI

Lyon,

l’autre ville lumière

Durant quelques jours à partir du 8 décembre, chaque année, la ville de Lyon brille de mille feux. Devenue un rendez-vous incontournable pour les Lyonnais, la Fête des lumières a pris un essor considérable en 1989 sous la mandature de Michel Noir : le maire propose en effet cette année-là d’illuminer les sites patrimoniaux et les ponts de la ville. Depuis quelques années, la Fête se déroule sur quatre jours et la ville accueille aujourd’hui plus de quatre millions de visiteurs pour un véritable spectacle, féérique et …gratuit.

L’origine de cette tradition, marqueur fort de l’identité de la capitale des Gaules, remonte au XIXème siècle : les autorités religieuses de la ville prévoient d’édifier une statue de Marie sur le clocher de Fourvière. Un concours est lancé en 1851 par la Ville de Lyon pour la réalisation de la Vierge que le sculpteur Joseph-Hugues Fabisch emporte.

Les conditions climatiques obligent les autorités à annuler l’événement prévu le 8 septembre 1852, date de la Nativité de la Vierge choisie également en souvenir du pèlerinage annuel rappelant l’épidémie de peste.

Il est donc reporté au 8 décembre de la même année, jour consacré à la célébration de l’Immaculée Conception.
Hélas, des trombes d’eau s’abattent à nouveau sur la ville mais en fin de journée, le ciel s’éclaircit et selon l’une des nombreuses légendes, les Lyonnais posent des petites bougies – des lumignons – sur les balcons et façades de leurs maisons après avoir remarqué les bougies allumées par des familles juives célébrant la fête de Hanoucca, rue de la Juiverie dans le quartier Saint-Jean.

Force est de constater qu’au fil du temps, diverses versions et légendes expliquant l’origine de cette manifestation lumineuse ont été rapportées entre Rhône et Saône.

Rappelons que l’ancien nom de Lyon, Lugdunum, évoque déjà la lumière (“Lug”) et c’est seulement au XIIIème siècle que Lugdunum est devenue Lyon.

Dans l’histoire de l’humanité, la symbolique de la lumière est commune aux trois grandes religions monothéistes : christianisme, judaïsme et islam mais également dans de nombreuses civilisations, notamment en Inde, à la Réunion ou encore sur l’île Maurice, c’est la fête de Diwali qui célèbre la victoire de la lumière sur l’obscurité, du bien sur le mal.

Evénement emblématique de la ville de Lyon, les quatre jours de fête à partir du 8 décembre s’inscrivent dans cette représentation de la lumière, synonyme de clairvoyance et de connaissance en opposition aux ténèbres.

Lyon a été touchée par de nombreuses épidémies de peste et de choléra au cours de son histoire.
Il faut se souvenir que le vœu des échevins (magistrats) se perpétue en hommage à la Vierge chaque année depuis 1643. En effet, les Lyonnais se sont placés sous la protection de la Vierge et la peste a reculé….
Dès lors, le pèlerinage les conduit jusqu’à Fourvière : ils honorent ainsi la promesse des échevins.