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Elisa

Tovati

Son nouvel album entre deux carrières

PROPOS RECUEILLIS PAR | AURIANE LEFFRAY

Son nouvel album sort ce 16 juin. Un projet cher à ses yeux, car il allie ses deux passions : le cinéma et la chanson. Une histoire d’amour que l’artiste a voulu vous partager et vous la raconter avec Edition Limitée.

Aujourd’hui, « Elisa fait son cinéma » voit le jour. C’est votre 6ème album, après 31 ans de carrière. De quoi vous êtes-vous inspiré pour réaliser ce projet ?

Depuis des années, j’ai un désir très profond de réunir mes deux passions : la musique et le cinéma. On m’a souvent répété : « Mais est-ce que tu es comédienne ? Est-ce que tu es chanteuse ? ». Par cet album, j’avais envie de faire une magnifique passerelle entre mes deux carrières. 

Parmi les 17 chansons, certaines sont très populaires, d’autres moins, certaines dates des années 70, d’autres sont plus récentes. On retrouve des chansons qui ont bercé ma vie, qui ont des mémoires, sensorielles très précises pour moi. 

Et quand on se laisse bercer par l’album et qu’on le déroule, on se dit « Mais oui ! Je l’adorais cette chanson, mais c’est de quel film déjà ? ». Il y a certaines musiques qui vont vous donner envie de revoir le film, et puis d’autres avec lesquelles vous allez vous dire « Ha oui, c’étaient les belles années, c’était mon premier amoureux, c’était mon premier flirt »…

J’ai fait cet album pour pouvoir susciter de l’émotion auprès des personnes et de pouvoir raconter cette histoire d’amour qu’il a entre la musique et le cinéma.  

Votre premier single s’appelle « Diabolo menthe ». Qu’est-ce que cette chanson raconte ?

Elle raconte les années lycées. « Diabolo menthe » était un film de Diane Kurys, et c’est Yves Simon qui a écrit cette chanson. Elle a une histoire très drôle car lorsque Diane Kurys lui a demandé d’écrire la Bande Originale. Mais il n’avait pas d’inspiration. Un jour, avant de monter sur scène il a reçu une lettre d’une jeune fille qui lui parlait de sa vie d’adolescente et de lycéenne. Et en 3 heures ça lui a donné l’inspiration, il a écrit cette chanson grâce à cette lettre de fan. 

Et pourquoi l’avoir mit première dans votre album ?

L’avantage lorsque l’on fait des projets seuls, on a une totale liberté. Je trouvais que « Diabolo Menthe » était une magnifique chanson et j’avais très envie de présenter cet album avec « Diabolo menthe ». La deuxième est « Amour Amour », car c’est une chanson avec laquelle j’ai passé des années merveilleuses avec mes sœurs. On mettait des robes de princesse, on se prenait pour « Peau d’âne ». C’était important pour moi.

Je dois tout à "La vérité si je mens" !

« Alabina », est une chanson faisant un clin d’œil au film « La vérité si je mens », qui vous a fait connaître. Pourquoi ça vous tenait à cœur de mettre à l’honneur ce film ?

Je dois tout à « La vérité si je mens », ça a été mon gros succès au cinéma. Ça m’a ouvert beaucoup de portes et je trouvais que pour les 20 ans de ce film, c’était un merveilleux clin d’œil de pouvoir réinterpréter cette Bande Originale, qui est si populaire auprès des personnes.

Enfaite toutes les chansons que je pose, elles ont toutes un petit truc différent. « Love story », par exemple, elle n’est pas en anglais, mais en français. J’ai choisi la version de Mireille Mathieu. « Top gun » ce n’est pas la version de Berlin , c’est une version  française de Gérard Lenorman. « Alabina » on a fait une version un peu bon entendeur, un peu plus langoureuse. A chaque fois , j’y apporte mon petit truc en plus . Mais ça reste des chansons qui parlent à l’inconscient des gens.

Est-ce qu’on vous appelle toujours Chochana Boutboule  ?

On m’a appelé comme ça pendant des années, mais non. C’est fou parce que lorsque l’on demande le nom des autres comédiennes dans le film, on ne s’en souvient pas trop. Mais Chochana oui. Ça a vraiment marqué, peut-être car c’était un nom extrêmement original. 

« La chanson d’Hélène » en duo avec Marc Lavoine. C’est le seul featuring de votre album. C’est un choix ?

J’avais envie de la chanter, avec un comédien chanteur, et moi j’ai une très belle histoire avec Marc Lavoine : c’est lui qui m’a offert toutes mes premières parties quand j’ai commencé. Tous les Zénith de France, il m’emmenait avec lui, j’ai fait les premières parties de ses concerts. Donc il m’a donné un énorme coup de pouce. Logiquement, j’ai eu envie de partager une chanson avec lui, il a une voix merveilleuse. Lui aussi réunissait le comédien et le chanteur. On a fait une chanson très sobre, dans l’émotion et dans la simplicité. C’était son idée, je trouve qu’elle est assez réussie pour ça.

Pourquoi ne pas avoir invité d’autres artistes sur ce projet ?

Moi je suis « Madame Duo », j’en fais énormément. Il y a deux ans, j’ai sorti « Tout va bien » avec John Mamann. En 2012,  j’ai fait un duo qui a eu un énorme succès avec Tom Dice, « Il nous faut ». Il a d’ailleurs reçu le prix de la chanson de la décennie francophone. Je pense que ça suffit parfois aussi de se cacher derrière les autres. « Elisa fait son cinéma » est un projet qui est tellement personnel et qui m’émeut tellement. J’avais vraiment envie de le porter toute seule sur mes épaules.

Véronique Sanson est toujours là, comme un ange gardien ou une maman à me surveiller...

Quel serait l’artiste avec qui vous rêveriez de collaborer ? 

Véronique Sanson. D’abord parce que c’est grâce à elle que je chante. J’ai eu l’occasion de la rencontrer quand j’avais 17 ans. Elle m’a poussé à écrire, elle m’a poussé à chanter. La première chanson que j’ai chanté c’est « Ma révérence ». Et depuis toujours elle est là, comme un petit ange gardien ou une maman à me surveiller. Et c’est vrai qu’un jour j’aimerais beaucoup être sur scène avec elle pour chanter.  

Peut-être dans le prochain album ?

Pourquoi pas (rires) !

Vous avez dit : « Le cinéma et la chanson sont des amants depuis toujours » mais vous avez sûrement une préférence entre la chanson et le cinéma ?

La préférence c’est de pouvoir alterner et de pouvoir faire les deux. Lorsque je suis que chanteuse, les plateaux de cinéma me manquent. Et quand je suis que comédienne, j’ai envie de chanter. J’ai commencé ma carrière j’avais 16 ans, j’en ai 47 ans aujourd’hui donc ça fait quand même 31 ans. J’en suis à mon 6ème album et j’ai quelques films à mon actif. Il y a aussi le théâtre, donc ça me permet d’aller de l’un à l’autre. Et de pouvoir profiter de tout ce que ces deux métiers m’apportent.

Comment faites-vous au quotidien pour être à la hauteur dans les deux domaines ?

Je ne sais pas si je suis à la hauteur. Je me mets une pression à fond. Ça je peux vous le dire. Je ne laisse rien au hasard. J’aime travailler. Et puis la vie m’a fait comprendre que le résultat est quelque chose de totalement insaisissable, impalpable et qu’il fallait vraiment être sur le chemin. Moi le chemin m’intéresse plus que le résultat.

J’essaye d’être concentrée sur tout ce que je peux apporter. Le résultat ça nous dépasse, c’est magique ou pas. En tout cas, je suis quelqu’un qui aime travailler comme un danseur qui fait ses pointes tous les jours, un pianiste qui fait ses gammes. Moi je suis quelqu’un qui a besoin d’être au travail tous les jours.

Dans votre carrière d’actrice, avez-vous un projet en cours ? Avez-vous des idées, des envies pour votre cette passion ? 

Aucun projet pour l’instant. Mais ce qui est magique avec ce métier c’est qu’en 10 secondes tout peut changer. Je peux sortir d’ici et avoir un message. C’est le cas, par exemple, quand j’enregistrais « Diabolo menthe », on m’a passé un coup de fil en me disant « Il y a une actrice qui a un souci, est-ce que tu peux être demain sur le plateau, récupérer un rôle de deux mois de tournage ». Vous voyez tout peut se passer comme ça. Ça peut aller très vite.

Donc non, tout de suite je n’ai rien de prévu. J’ai quand même mon album à défendre, d’assurer les concerts, la promotion. C’est deux ans de ma vie, 24h/24, donc on ne le lâche pas comme ça. On lui tient la main jusqu’au bout . Mais j’espère bien avoir un projet cinéma bientôt.

Une tournée est prévue ?

Bien sûre ! On a un concert à Paris, le 22 juin. C’est dans une salle qui s’appelle « We are ». C’est un showcase pour lancer le projet en live. Pour la suite, on travaille sur un spectacle où on retrouvera des chansons, des monologues, des extraits de films et ça s’appèlera « Elisa se donne en spectacle ».